J’ ai hurlé ton nom dans le silence du soir
j’ ai cherché ton nom dans le couloir de la mort
j’ ai ouvert grand les yeux sur des listes écrites
je t’avais donné mon nom
je t’ avais donné la certitude des mains ouvertes
le pain reçu, le pain offert,
je t ’avais donné des yeux pour voir
les couleurs, et les amis , partout
mais surtout je t’ avais donné mon nom
et sur ces listes blanches
à l’ entrée de ce couloir
ton nom....
Agan ,
Ils ont tiré ,
le soir était ce soir là
rouge soleil de poudre
le sang avait la couleur du pavot
la chair, mortelle, était livide
j’ai oublié le nom de tes amis
ils étaient avec toi, eux aussi
le fils de Sheran
et le fils de Jamel
j’ai hurlé ton nom au milieu des dépouilles, Agan
déjà les sacs plastiques arrivaient
la boucherie n’a plus de nom
sac plastique n° 4
j’ ai noté le numéro
Agan,
je porte désormais seule ton nom
c’est le nom d’un enfant
c’était le nom de mon enfant
Agan , rouge sang , dans le couloir de la mort .
sac plastique n° 4
la mère que je suis
la mère que j’ étais n’a plus de parole
la mère que j’ étais est morte
de la vie à la mort
l’ amour
par balles
les fusils ont tué
de la vie à la mort
la mort a eu raison
de la vie à la mort
mon enfant
je t’ avais donné mon nom .
Agan . ...
mon amour
Soldats, je vous détruirai
Soldats , je prendrai les armes
mes armes sont des larmes
des larmes acides
de relent lent
Soldats vous avez tué
mon enfant
mon enfant de quinze ans
...Agan ...
Il jouait dans la rue ....
Sa mère n’ a plus de nom
les soldats ont tué mon fils
Vos fusils sont des ombres
dans la nuit des cyprès
je vous retrouverai .
Ashebad Moktan
traduit par Myriam Iznia